Comptez d'abord les trimestres que vous validerez encore d'ici votre départ : c'est l'oubli le plus fréquent. S'il en manque toujours, chaque trimestre coûte 1,25 % de pension de base, avec un maximum de 15 % pour un départ à 64 ans. Quatre solutions : corriger son relevé, déclarer ses enfants, travailler un peu plus, ou racheter.
Et dans votre cas ? Le simulateur applique les règles 2026 à votre carrière : âge de départ, décote éventuelle, pension de base et complémentaire.
Calculer ma retraite →Savoir combien de trimestres vous manquent est la question la plus stratégique de votre préparation retraite. C'est ce qui détermine si vous partirez au taux plein ou avec décote. La méthode est simple en 3 étapes.
La méthode en 3 étapes
Étape 1 — Identifier votre nombre de trimestres requis
Le nombre de trimestres requis dépend de votre année de naissance. Avec la suspension LFSS 2026, ce chiffre a été révisé à la baisse pour les générations 1964-1968.
| Génération | Trimestres requis | Âge légal |
|---|---|---|
| 1961 à 1963 | 168 à 170 | 62 ans 6/9 mois |
| 1964 | 170 (LFSS 2026) | 62 ans 9 mois |
| 1965-1968 | 171-172 | 63 ans à 63 ans 9 mois |
| 1969 et après | 172 | 64 ans |
Étape 2 — Compter vos trimestres validés
Connectez-vous sur info-retraite.fr avec FranceConnect. Téléchargez votre relevé de carrière individuel : il liste tous vos trimestres validés par année et par régime (CNAV, Agirc-Arrco, fonction publique, indépendants).
Attention aux trimestres assimilés souvent oubliés :
- Chômage : 1 trimestre validé tous les 50 jours indemnisés
- Maladie : 1 trimestre tous les 60 jours d'arrêt indemnisé
- Maternité : trimestre validé automatiquement pour la mère
- Service militaire : 1 trimestre par 90 jours de service
- MDA enfants : 8 trimestres par enfant pour la mère (6 si 2 trimestres d'éducation sont attribués au père, qui en reçoit alors 2)
Étape 3 — Calculer la différence
Soustrayez vos trimestres validés du nombre requis :
- Différence positive : il vous manque X trimestres → vous aurez une décote si vous partez à l'âge légal sans les compléter.
- Différence négative : vous avez plus que requis → départ au taux plein possible, et chaque trimestre supplémentaire travaillé après l'âge légal = surcote +1,25 %.
Exemple chiffré
Marie a 60 ans en 2026 : il lui faut 172 trimestres, et son âge légal est de 63 ans et 3 mois. Son relevé affiche 160 trimestres. Si elle travaille jusqu'à son âge légal, elle en validera 13 de plus, soit 173 : aucune décote. Si elle arrête de travailler dès maintenant, il lui en manquera 12 à 63 ans et 3 mois : décote de 15 % sur sa pension de base, soit 225 €/mois sur 1 500 €. Premier réflexe : comptez aussi les trimestres qu'il vous reste à valider d'ici votre départ.
Que faire si vous avez des trimestres manquants ?
Solution 1 — Vérifier le relevé et faire régulariser (1 à 5 trimestres récupérables)
Les oublis sont fréquents. Vérifiez méticuleusement les périodes : chômage non déclaré, maternité oubliée, service militaire absent, années à l'étranger sous régime européen. Demande de rectification en ligne sur info-retraite.fr, gratuite. Voici la procédure complète, étape par étape.
Étape 1 — Identifier précisément la ou les périodes manquantes
Sur votre relevé de carrière (info-retraite.fr), repérez les années où le nombre de trimestres validés semble anormalement bas par rapport à votre activité réelle. Les erreurs les plus fréquentes concernent :
- Emplois occasionnels ou saisonniers de jeunesse (jobs d'été, apprentissage, stages gratifiés).
- Arrêts maladie ou maternité mal reportés par l'employeur ou la CPAM à l'époque.
- Chômage non indemnisé ou mal transmis par France Travail (ex-Pôle Emploi).
- Activité à l'étranger (UE, EEE, Suisse ou pays sous convention bilatérale) non reportée par le CLEISS.
- Changements d'employeur ou de statut fréquents, propices aux ruptures de déclaration.
Étape 2 — Réunir les justificatifs
Pour chaque période contestée, rassemblez les preuves disponibles : bulletins de salaire, contrat de travail, attestation Pôle Emploi/France Travail, avis d'imposition de l'année concernée, ou à défaut une attestation sur l'honneur de l'employeur. Plus le dossier est documenté, plus la régularisation est rapide.
Étape 3 — Déposer la demande de régularisation
La demande se fait en ligne depuis votre compte info-retraite.fr (service « Corriger ma carrière », ouvert à partir de 55 ans ; avant, contactez votre caisse), ou directement auprès de votre caisse de retraite (CARSAT, MSA, SSI, caisse de la fonction publique selon votre régime). La démarche est gratuite.
Étape 4 — Suivre le délai de traitement
Comptez généralement plusieurs semaines à quelques mois selon la complexité du dossier et la nécessité ou non de recherches d'archives auprès d'anciens employeurs. Une première réponse demande souvent des précisions complémentaires — restez disponible et réactif. Plus votre départ est proche, plus il est important d'anticiper : lancez cette démarche plusieurs années avant votre date de départ envisagée si possible.
Étape 5 — En cas de refus, les voies de recours
Si la caisse rejette votre demande de rectification, vous pouvez saisir la Commission de Recours Amiable (CRA) de votre caisse dans un délai de 2 mois suivant la notification. En cas de nouveau refus, un recours devant le pôle social du tribunal judiciaire reste possible. Ces démarches restent gratuites et ne nécessitent pas obligatoirement un avocat.
La régularisation d'un trimestre oublié est toujours gratuite — à ne pas confondre avec le rachat de trimestres (payant, voir Solution 2), qui concerne des trimestres réellement manquants et non des erreurs de déclaration. Commencez systématiquement par vérifier s'il ne s'agit pas d'une simple erreur avant d'envisager un rachat coûteux.
Solution 2 — Racheter des trimestres (jusqu'à 12)
Si vous avez fait des études supérieures, le rachat de trimestres est possible jusqu'à 12 unités. Coût en 2026 : d'environ 1 055 € à près de 6 700 € par trimestre selon l'âge, les revenus et l'option, déductible du revenu imposable. Gain : de l'ordre de 25 à 30 €/mois par trimestre pour une pension de base de 1 500 €, uniquement s'il supprime une décote.
Solution 3 — Décaler le départ (prolonger l'activité)
Travailler 1 à 4 ans de plus permet de valider les trimestres manquants. C'est la solution la plus simple et gratuite. Bonus : la surcote commence dès que vous avez tous vos trimestres ET dépassé l'âge légal.
Solution 4 — Attendre 67 ans (taux plein automatique)
À 67 ans, le taux plein est automatique sans condition de trimestres. C'est votre filet de sécurité ultime si vous n'arrivez pas à valider 172 trimestres. Inconvénient : vous touchez votre pension plus tard (inutile de travailler jusque-là, mais sans revenu, il faut pouvoir attendre).
Solution 5 — Partir avec décote (assumée)
Si la décote reste limitée (-5 à -10 %), il peut être plus rentable de partir tôt et profiter de la retraite plus longtemps que de prolonger l'activité. À calculer au cas par cas selon votre espérance de vie estimée et votre état de santé.
→ Pour chiffrer votre cas précis : estimez votre retraite personnalisée (rapport complet, 14,90 €)
Questions fréquentes
Comment savoir combien de trimestres me manquent pour le taux plein ?
Connectez-vous sur info-retraite.fr avec FranceConnect, téléchargez votre relevé de carrière, et soustrayez vos trimestres validés du nombre requis pour votre génération (170 à 172 trimestres selon l'année de naissance).
Quelle est la décote en 2026 ?
1,25 % par trimestre manquant, plafonnée à 25 % (20 trimestres). En pratique, on ne compte jamais plus de trimestres qu'il n'en reste jusqu'à 67 ans : en partant à 64 ans, la décote ne peut pas dépasser 15 %. La décote est permanente. La complémentaire Agirc-Arrco subit aussi une minoration, calculée avec ses propres coefficients.
Le rachat de trimestres est-il rentable ?
Parfois, surtout avec une tranche d'imposition élevée, puisque le coût est déductible. Le coût dépend de votre âge, de vos revenus et de l'option choisie : en 2026, d'environ 1 055 € (jeune, option « taux seul ») à près de 6 700 € par trimestre (à l'approche de la retraite, revenus élevés, option « taux et durée »). Il est déductible du revenu imposable. 12 trimestres au maximum. Il n'est utile que s'il supprime une décote ; travailler quelques mois de plus est souvent plus avantageux.
Les trimestres assimilés comptent-ils ?
Oui pour la durée d'assurance. Chômage indemnisé : 1 trimestre tous les 50 jours. Maladie : 1 trimestre tous les 60 jours d'arrêt. Maternité : automatique. Service militaire : 1 trimestre par 90 jours. MDA : 8 trimestres par enfant (mères).
Si je continue à travailler après l'âge légal, est-ce que je valide encore des trimestres ?
Oui. Chaque trimestre travaillé après l'âge légal compte. Et si vous avez déjà tous vos trimestres, c'est de la surcote (+1,25 % par trimestre à vie). Au-delà de 67 ans, la surcote continue mais le taux plein est garanti.
J'ai travaillé à l'étranger, ces périodes comptent-elles ?
Oui dans l'Union européenne, l'EEE, la Suisse et certains pays avec convention bilatérale. Vos trimestres européens sont comptés pour la durée d'assurance. La pension est ensuite proratisée. Vérifiez auprès du CLEISS pour les démarches.