⚠️ Réforme suspendue (LFSS 2026). Pour les pensions prenant effet entre le 1ᵉʳ septembre 2026 et le 31 décembre 2027, l'âge légal de départ est gelé à 62 ans et 9 mois, toutes générations confondues. Le relèvement vers 64 ans est reporté aux personnes nées à partir de 1969, à compter de 2028. En savoir plus →
1 742 € Brut pour valider 1 trimestre en 2026
172 Trimestres pour taux plein (génération 1968+)
4 Maximum de trimestres par année civile
8 Trimestres assimilés par enfant

Le nombre de trimestres est l'un des deux moteurs du calcul de votre pension (avec le revenu de référence). Quelques trimestres manquants peuvent transformer un départ au taux plein en une décote de 10 à 25 %. À l'inverse, identifier des trimestres oubliés sur votre relevé de carrière peut vous faire gagner plusieurs milliers d'euros sur votre pension cumulée.

Selon la Cour des Comptes, 77 % des relevés de carrière contiennent au moins une erreur. Pour vous y retrouver, voyons ensemble comment se calculent les trimestres, comment les valider, et comment combler les manques.

Le principe : pas de jours, pas d'heures, pas de mois — des euros cotisés

Contrairement à une idée reçue, un trimestre de retraite ne correspond pas à une période de 3 mois de travail. C'est une unité de cotisation calculée à partir de votre salaire annuel. Travailler 1 mois à temps plein peut valider 4 trimestres, et travailler à temps partiel toute l'année peut n'en valider que 2.

La formule de validation en 2026

Pour valider 1 trimestre au régime général (CNAV), il faut percevoir un salaire brut au moins égal à 150 fois le SMIC horaire de l'année. En 2026, le SMIC horaire brut est de 11,61 € — donc 1 trimestre = 1 742 € brut cotisés.

Trimestres validés dans l'annéeSalaire brut annuel minimum (2026)
1 trimestre1 742 €
2 trimestres3 484 €
3 trimestres5 226 €
4 trimestres6 968 €
Le plafond des 4

Quel que soit votre salaire annuel, vous ne pouvez valider que 4 trimestres maximum par année civile. Un salarié gagnant 50 000 € brut valide les mêmes 4 trimestres qu'un autre à 6 968 €. C'est pour cela que les hauts salaires accumulent vite leurs 172 trimestres.

Combien de trimestres pour le taux plein en 2026 ?

Le nombre de trimestres requis dépend de votre année de naissance. La réforme 2023 a relevé ce seuil de 166 à 172 trimestres pour les générations nées à partir de 1973, par tranche d'un trimestre tous les 9 mois.

Année de naissanceTrimestres requisÉquivalent en années
Avant 195816641,5 ans
1958 — 196016741,75 ans
196116842 ans
196216942,25 ans
196317042,5 ans
1964 — 196517142,75 ans
196617243 ans
1967 et après17243 ans
Validés vs cotisés : la nuance qui change tout

Pour valider le taux plein par la durée, c'est le total des trimestres validés (cotisés + assimilés) qui compte. Mais pour bénéficier du minimum contributif majoré ou de la retraite par carrière longue, ce sont les trimestres cotisés qui sont exigés — pas les assimilés. Cette distinction est cruciale pour les carrières hachées.

Les 6 types de trimestres : tout ne compte pas pareil

1. Trimestres cotisés

Issus de votre activité professionnelle déclarée et cotisée. C'est le "socle dur" de votre carrière. Comptent pour toutes les conditions : taux plein, carrière longue, minimum contributif majoré.

2. Trimestres assimilés

Reconnus sans cotisation directe mais validés par la solidarité nationale : chômage indemnisé (1 trimestre tous les 50 jours), maladie longue (1 trimestre tous les 60 jours), maternité, service militaire, invalidité. Ils comptent pour le taux plein mais pas pour la carrière longue ni le minimum contributif majoré.

3. Trimestres pour enfant (MDA — Majoration de Durée d'Assurance)

Chaque enfant (né, adopté, ou élevé) donne droit à 8 trimestres MDA dans le secteur privé : 4 trimestres pour la maternité/adoption attribués à la mère, et 4 trimestres pour l'éducation pouvant être partagés entre les deux parents. Pour les fonctionnaires, le régime est différent (2 trimestres par enfant né avant 2004, sous conditions de service).

4. Trimestres rachetés

Vous pouvez racheter jusqu'à 12 trimestres d'années d'études supérieures ou d'années incomplètes. Coût : 3 000 à 7 500 € par trimestre selon l'âge et l'option choisie. Comptent pour le taux plein si rachetés en option 2 (taux + durée), uniquement pour la durée si option 1.

5. Trimestres au titre du compte professionnel de prévention (C2P)

Salariés exposés à la pénibilité (travail de nuit, postes alternants, chaleur, bruit…) accumulent des points C2P. 10 points → 1 trimestre majoré (utilisable pour partir jusqu'à 2 ans avant l'âge légal).

6. Trimestres pour proche aidant

Depuis 2023, les aidants familiaux (parent, conjoint, enfant en situation de handicap ou dépendance) peuvent valider gratuitement jusqu'à 8 trimestres d'assurance vieillesse de leur AVPF (Assurance Vieillesse du Parent au Foyer), sous conditions de ressources.

Cas pratique

Sophie, 49 ans — recompter ses trimestres

Sophie a une carrière classique : 24 ans dans le privé (96 trimestres cotisés CNAV), 2 enfants nés en 2003 et 2007, 18 mois de chômage indemnisé en 2015 puis 9 mois en 2020.

Elle pense être à 96 trimestres. En réalité, son décompte officiel monte à : 96 cotisés + 16 MDA (2 enfants × 8) + 6 assimilés chômage (27 mois / 4,5) = 118 trimestres validés.

→ Sophie a 22 trimestres de plus qu'elle ne pensait. Cela change ses scénarios : elle peut envisager un départ à 64 ans avec 168 trimestres au lieu de 146, économisant ~140 €/mois de décote à vie.

Comment vérifier vos trimestres et corriger les erreurs

Étape indispensable avant toute décision de départ : récupérer et analyser votre relevé de carrière officiel.

Étape 1 — Récupérer le relevé officiel

Connectez-vous sur info-retraite.fr avec FranceConnect. Votre relevé de carrière agrège tous vos régimes (CNAV, Agirc-Arrco, CNRACL, SSI, MSA, CIPAV…) et liste vos trimestres année par année.

Étape 2 — Repérer les anomalies

Les erreurs les plus fréquentes : périodes manquantes (jobs étudiants, CDD courts, missions intérim), employeurs disparus (entreprises liquidées avant transmission), périodes de chômage non transférées, périodes à l'étranger non enregistrées, maternités antérieures à 2010 mal comptabilisées.

Étape 3 — Demander la régularisation

Justificatifs à conserver : bulletins de salaire, attestations Pôle emploi, livret militaire, livret de famille, attestations maternité, contrats de travail. La régularisation se demande à votre caisse via info-retraite.fr, avec scan des justificatifs. Délai : 2 à 6 mois en moyenne.

À faire impérativement avant 55 ans

Plus vous attendez, plus les anciens employeurs et les documents administratifs deviennent difficiles à retrouver. La fenêtre optimale pour réviser son relevé est entre 50 et 55 ans, alors qu'on a encore le temps et la mémoire des employeurs anciens.

Comment combler des trimestres manquants

Si après vérification il vous manque encore des trimestres pour atteindre le taux plein, plusieurs leviers existent.

LevierTrimestres récupérablesCoût indicatifRentabilité
Continuer à travaillerJusqu'à 4/anAucun (salaire continu)★★★★★ Excellente
Rachat trimestres études — option 1Jusqu'à 123 000 à 4 500 €/trim.★★★ Variable (TMI ≥ 30 %)
Rachat trimestres études — option 2Jusqu'à 125 000 à 7 500 €/trim.★★★ Variable (TMI ≥ 41 %)
Cumul emploi-retraiteJusqu'à 4/an si liquidé après 64 ansAucun★★★★ Bonne depuis 2023
Retraite progressive (avant départ)Jusqu'à 4/anAucun★★★★ Bonne
MDA non réclamées (parents)Jusqu'à 8 par enfantAucun★★★★★ Excellente

→ Pour chiffrer votre cas précis : estimez votre retraite personnalisée (rapport complet, 14,90 €)

Le calcul du rachat de trimestres

Deux options : option 1 (taux seul) — augmente uniquement votre taux de liquidation, moins cher mais effet moindre. Option 2 (taux + durée) — augmente le taux ET la durée d'assurance, plus chère mais plus efficace. Le rachat est déductible du revenu imposable, ce qui le rend très avantageux pour les TMI à 30 % et plus.

Cas pratique

Thomas, 58 ans — racheter ou prolonger ?

Thomas est cadre, salaire brut 65 000 €/an, TMI à 30 %. Il lui manque 8 trimestres à 64 ans. Son employeur lui propose un départ négocié à 64 ans.

Option A : partir à 64 ans avec décote de 10 % → pension réduite de ~280 €/mois à vie. Option B : racheter 8 trimestres en option 2 → coût ≈ 56 000 € brut (39 200 € net après déduction TMI), pension augmentée de ~280 €/mois.

→ Rentabilité du rachat : 39 200 € / (280 € × 12) = 11,6 ans pour rentabiliser. Au-delà, gain net. À 76 ans (≈ espérance de vie homme 84 ans), Thomas est gagnant de 28 000 €. Recommandation : racheter — surtout si bonne santé.

Questions fréquentes

Comment valider 4 trimestres dans l'année en 2026 ?

Il faut percevoir au moins 6 968 € brut dans l'année (équivalent à 4 fois 1 742 €, soit 150 × SMIC horaire × 4). Ce seuil est atteint avec environ 4,8 mois de SMIC à temps plein, ou 9,6 mois à mi-temps. Au-delà de 6 968 €, vous validez 4 trimestres quel que soit le surplus.

Les trimestres assimilés comptent-ils pour la carrière longue ?

Non. Pour la retraite anticipée carrière longue, seuls les trimestres effectivement cotisés sont comptés (jusqu'à 4 trimestres assimilés chômage peuvent être pris en compte, mais c'est plafonné). Cela exclut donc la maternité, la majoration enfants (MDA) et les longues périodes de chômage.

Combien de trimestres pour un enfant ?

Dans le régime général, chaque enfant donne droit à 8 trimestres MDA : 4 trimestres pour la maternité ou l'adoption (attribués à la mère par défaut), et 4 trimestres pour l'éducation (partagés librement entre les deux parents jusqu'aux 4 ans de l'enfant). Pour les fonctionnaires, le régime est très différent et beaucoup moins avantageux.

Peut-on cotiser plus pour valider plus de 4 trimestres par an ?

Non, le plafond de 4 trimestres par année civile est absolu. Même en cumulant plusieurs emplois, vous ne pouvez pas dépasser. Mais l'excédent de salaire compte pour augmenter votre revenu annuel moyen (SAM) — donc le montant de votre pension, sans ajouter de trimestres.

Combien coûte le rachat d'un trimestre ?

Le coût dépend de votre âge au moment du rachat, de votre salaire annuel moyen, et de l'option choisie. Fourchettes 2026 : entre 3 000 € (option 1, moins de 30 ans) et 7 500 € (option 2, après 60 ans, salaire élevé). Le rachat est déductible du revenu imposable, ce qui le rend très avantageux à partir d'un TMI de 30 %.

Que faire si mon ancien employeur n'a pas déclaré mes trimestres ?

Procurez-vous tous les justificatifs disponibles (bulletins de salaire, contrats, attestations) et déposez une demande de régularisation auprès de votre CARSAT via info-retraite.fr. Si l'employeur a disparu, vos bulletins de salaire suffisent. Délai de traitement : 2 à 6 mois en moyenne.

La retraite progressive permet-elle de cotiser à taux plein ?

Oui, depuis 2023, vous pouvez demander à cotiser "comme un temps plein" (avec accord employeur) tout en travaillant à temps partiel. Vos cotisations sont calculées sur le salaire à temps plein, donc vous continuez à valider 4 trimestres par an et à acquérir des points Agirc-Arrco normalement.

Le cumul emploi-retraite génère-t-il des trimestres ?

Depuis la réforme 2023, oui — mais uniquement si vous avez liquidé toutes vos retraites au taux plein. Vous générez alors une seconde pension calculée sur ces nouvelles cotisations, avec un plafond de pension complémentaire propre. Avant 2023, le cumul emploi-retraite était stérile (cotisations sans contrepartie).

Combien de trimestres pour le minimum contributif majoré ?

Le minimum contributif majoré (903,93 €/mois en 2026) exige 120 trimestres cotisés (et non assimilés). Avec moins de 120 trimestres cotisés, vous avez droit au MICO de base (756,29 €/mois) si vous remplissez les autres conditions (taux plein, toutes pensions liquidées, total < 1 410,89 €/mois).

Les trimestres acquis à l'étranger comptent-ils ?

Oui, dans les pays de l'UE/EEE, en Suisse, et dans les pays liés à la France par convention bilatérale de sécurité sociale (40 pays environ). Vos trimestres étrangers sont "totalisés" pour ouvrir vos droits au taux plein, mais chaque pays calcule sa propre pension. Conservez tous les certificats E205/U002.

Pourquoi mon relevé de carrière indique-t-il moins de trimestres que prévu ?

Trois causes fréquentes : (1) des employeurs n'ont pas transmis vos cotisations (faillite, négligence), (2) un emploi ancien apparaît dans un autre régime que celui que vous consultez, (3) des trimestres assimilés (chômage, maternité) n'ont jamais été demandés. Il faut alors faire une demande de régularisation avec justificatifs.

À partir de quel âge faut-il vérifier son relevé de carrière ?

Le plus tôt possible — idéalement à 35 ans pour les jobs étudiants, à 45 ans pour le bilan à mi-carrière, et à 55 ans impérativement pour préparer la liquidation. Plus vous attendez, plus il devient difficile de retrouver les justificatifs et les anciens employeurs. Vérifier le relevé est gratuit sur info-retraite.fr.