⚡ La réponse en bref

Et dans votre cas ? Le simulateur applique les règles 2026 à votre carrière : âge de départ, décote éventuelle, pension de base et complémentaire.

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La retraite progressive permet, dès l'âge légal de votre génération moins 2 ans, de travailler à temps partiel (40-80 %) tout en touchant une fraction de votre pension — et en continuant d'accumuler des droits.

⚠️ Réforme suspendue (LFSS 2026). Pour les pensions prenant effet à compter du 1ᵉʳ septembre 2026, le relèvement de l'âge légal est gelé jusqu'au 1ᵉʳ janvier 2028. L'âge légal va de 62 ans et 9 mois (nés en 1964 et de janvier à mars 1965) à 63 ans et 9 mois (nés en 1968) ; les 64 ans ne concernent plus que les personnes nées à partir de 1969. En savoir plus →
60 ans Âge minimum, quelle que soit la génération
40-80 % Plage de temps partiel possible
150 Trimestres minimum requis
4 Trimestres validés/an possibles

La retraite progressive permet de combiner trois choses : continuer à travailler à temps partiel, percevoir immédiatement une fraction de sa pension calculée, et continuer à acquérir des droits comme si vous étiez à temps plein (sur option). C'est l'un des dispositifs les plus intéressants du système, et pourtant l'un des moins connus.

Son accès a été élargi : depuis le 1er septembre 2023, elle est ouverte aux fonctionnaires et aux professions libérales, et depuis le 1er septembre 2025, elle est accessible dès 60 ans pour toutes les générations.

Le principe : travailler moins, toucher une fraction de sa pension

Vous réduisez votre temps de travail à un pourcentage compris entre 40 % et 80 % d'un temps plein. Votre employeur paie le salaire correspondant à ce temps partiel. En parallèle, vos caisses de retraite calculent une pension théorique et vous en versent la fraction inverse à votre temps de travail.

Exemple chiffré

Vous travailliez à temps plein pour 3 000 € net/mois. Vous passez à 60 % (3 jours par semaine) : votre salaire devient 1 800 € net. Pension théorique calculée : 1 900 €/mois (taux plein). Vous percevez 40 % de cette pension (le complément du temps partiel), soit 760 €. Revenu total : 1 800 + 760 = 2 560 €/mois au lieu de 3 000 € — soit 85 % de votre revenu pour 60 % de travail.

Pourquoi c'est avantageux

Conditions d'éligibilité en 2026

Conditions communes à tous les régimes

Conditions spécifiques par statut (depuis 2023)

Depuis le 1er septembre 2023, la retraite progressive est ouverte aux salariés (y compris les cadres au forfait jours), aux artisans et commerçants, aux professions libérales et aux fonctionnaires.

Le plus grand changement de 2023

Avant septembre 2023, la retraite progressive était réservée aux salariés du privé et excluait certaines catégories (cadres au forfait, fonctionnaires, indépendants). La réforme de 2023 a étendu le dispositif à la quasi-totalité des actifs.

Comment se calcule la fraction de pension

Le calcul suit une logique simple : vous touchez la fraction « inverse » à votre temps de travail.

Temps de travail réduitFraction de pension versée
40 % d'un temps plein60 % de votre pension théorique
50 %50 %
60 %40 %
70 %30 %
80 %20 %

La pension théorique est calculée comme si vous partiez définitivement à la retraite à la date d'entrée en progressive, avec votre relevé de carrière à ce moment. Important : c'est une pension provisoire qui sera recalculée définitivement à la liquidation finale.

Cas pratique

Catherine, 62 ans — passe en progressive à 50 %

Catherine, née en 1964, salariée du privé, gagne 4 200 € net/mois. À 62 ans, elle a 162 trimestres sur 170 requis et 5 800 points Agirc-Arrco. Sa pension théorique : 1 740 €/mois nets si elle partait définitivement.

Elle demande la progressive à 50 %. Son nouveau salaire : 2 100 € net. Pension versée : 870 €/mois (50 % de 1 740 €). Revenu total : 2 970 €/mois.

Elle décide de cotiser sur la base d'un temps plein (option employeur). Sur 2 ans de progressive, elle accumule 8 trimestres et environ 580 points Agirc-Arrco supplémentaires.

→ À 64 ans, sa pension définitive est recalculée : 170 trimestres (162 + 8), soit le taux plein, et environ 6 380 points. Par rapport à un départ dès son âge légal (62 ans et 9 mois) avec une décote de 7,5 %, elle y gagne plusieurs centaines d'euros par mois à vie, tout en ayant touché une demi-pension pendant 2 ans.

Retraite progressive vs cumul emploi-retraite

Ces deux dispositifs semblent similaires mais sont en réalité très différents — choisir le bon peut changer significativement votre stratégie.

CritèreRetraite progressiveCumul emploi-retraite
Pension liquidéeNon, juste fraction provisoireOui, définitive
Nouvelle pension acquiseOui (modification du calcul)Oui (seconde pension limitée)
Quand l'utiliser ?Avant 64 ans, transition douceAprès 64 ans, taux plein atteint
Salaire à plein temps possible ?Non (40-80 % obligatoire)Oui, sans limite
Réversible si on change d'avis ?Oui (retour à temps plein possible)Non, définitif
Quand choisir l'un ou l'autre ?

Retraite progressive = vous n'avez pas encore le taux plein, vous voulez tester la transition, vous voulez continuer à accumuler des droits significatifs. Cumul emploi-retraite = vous avez le taux plein, vous voulez liquider définitivement, et continuer une activité réduite ou de consulting en plus.

Démarches : comment demander la retraite progressive

Étape 1 — Négocier avec l'employeur

Le passage à temps partiel doit être accepté par votre employeur. Depuis 2023, il a 2 mois pour vous répondre par écrit et de façon motivée ; sans réponse, sa demande est réputée acceptée. Il ne peut refuser que si la durée de travail demandée est incompatible avec l'activité économique de l'entreprise, en expliquant concrètement pourquoi. Un avenant au contrat de travail doit être signé, mentionnant la durée réduite et la durée de la période (1 à 3 ans renouvelables).

Étape 2 — Demander la pension fractionnée

Une fois l'avenant signé, faites votre demande sur info-retraite.fr (espace personnel) ou par courrier à votre caisse principale. Joindre : avenant au contrat, dernier bulletin de salaire à temps plein, justificatif d'identité. Faites-la plusieurs mois à l'avance.

Étape 3 — Coordination des régimes

Votre caisse principale coordonne automatiquement avec les autres régimes (Agirc-Arrco, RAFP…). Si vous êtes polypensionné (carrière mixte privé/public), une seule demande suffit, transmise à toutes les caisses concernées.

Délai à anticiper

Comptez 4 à 6 mois entre la décision de passer en progressive et le premier versement. Anticipez votre négociation employeur en conséquence.

Stratégies d'optimisation

1. Cotiser sur la base d'un temps plein

C'est l'optimisation majeure. En cotisant sur la base d'un temps plein, avec l'accord de votre employeur, vous acquérez autant de points Agirc-Arrco et construisez votre salaire moyen comme si vous travailliez à temps plein. Les trimestres, eux, sont en général déjà validés : même un mi-temps au SMIC dépasse les 7 212 € annuels nécessaires pour 4 trimestres. Sur 2-3 ans de progressive, ça peut faire une vraie différence sur la pension finale.

2. Combiner avec rachat de trimestres

Si vous avez encore quelques trimestres manquants, vous pouvez racheter EN même temps que vous êtes en progressive. Les deux dispositifs sont parfaitement compatibles, et la déduction fiscale du rachat est appréciable sur un revenu réduit.

3. Utiliser la progressive avant 64 ans

Pour les générations qui ont 64 ans comme âge légal (1969 et suivantes), la progressive permet de profiter d'une fraction de pension dès 60-62 ans — soit 2 à 4 ans avant la retraite définitive. C'est de la trésorerie immédiate sur des années où on aurait normalement été à 100 % de salaire.

4. Ne pas l'utiliser si on a déjà le taux plein

Si vous avez déjà tous vos trimestres et l'âge légal, le cumul emploi-retraite (avec liquidation totale) est généralement plus avantageux. Vous pouvez alors travailler à plein temps en touchant l'intégralité de votre pension.

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Questions fréquentes

Quel est l'âge minimum pour la retraite progressive ?

60 ans, pour toutes les générations, depuis le 1er septembre 2025. Il faut aussi avoir validé au moins 150 trimestres, tous régimes confondus.

La pension de retraite progressive est-elle définitive ?

Non, c'est une pension provisoire. Au moment où vous arrêtez complètement de travailler, votre pension est recalculée définitivement avec tous vos trimestres et points cumulés (y compris ceux acquis pendant la progressive). Le recalcul est généralement à votre avantage si vous avez continué à cotiser.

Mon employeur peut-il refuser ma demande de temps partiel ?

Oui, mais seulement si la durée de travail demandée est incompatible avec l'activité économique de l'entreprise, et il doit le justifier concrètement. Il a 2 mois pour répondre par écrit et de façon motivée ; sans réponse dans ce délai, votre demande est réputée acceptée (article L3123-4-1 du Code du travail).

Quelle différence entre retraite progressive et préretraite ?

La préretraite est un dispositif d'entreprise (ou ancien dispositif public) qui permet d'arrêter complètement de travailler avant l'âge légal, avec une indemnité versée par l'employeur. La retraite progressive vous fait travailler à temps partiel et toucher une fraction officielle de pension. Les deux ne sont pas exclusifs mais visent des situations différentes.

Peut-on cumuler retraite progressive et plusieurs employeurs ?

Oui, mais le temps de travail total doit rester entre 40 et 80 % d'un temps plein cumulé. Vous devrez justifier de votre durée totale de travail auprès de votre caisse de retraite. Cas fréquent : un poste à 50 % chez l'employeur principal + missions ponctuelles ailleurs.

La retraite progressive impacte-t-elle ma future pension ?

Elle peut l'augmenter (si vous continuez à cotiser et acquérir des trimestres/points) ou la maintenir équivalente. Elle ne la diminue jamais. C'est l'un des intérêts majeurs du dispositif : pas de risque, juste un avantage potentiel.

Peut-on arrêter la retraite progressive et revenir à temps plein ?

Oui, c'est un dispositif réversible. Si vous souhaitez revenir à temps plein, vous arrêtez de toucher la fraction de pension et reprenez votre activité normale. Cette flexibilité est unique parmi les dispositifs de transition.

Les indépendants peuvent-ils en bénéficier ?

Oui. Les artisans et commerçants y avaient déjà accès ; les professions libérales depuis le 1er septembre 2023. Conditions : 60 ans minimum, 150 trimestres validés, et une baisse d'activité mesurée par les revenus déclarés. La démarche se fait auprès de votre caisse propre.

Comment est calculée la fraction de pension exactement ?

Votre caisse calcule votre pension théorique complète (comme si vous partiez à 100 % à la date de la demande). Puis applique la fraction « 100 % - votre temps de travail réduit » = fraction versée. Exemple : temps réduit 60 % → fraction versée 40 % de la pension théorique.

Est-ce avantageux fiscalement ?

Comme votre revenu total est inférieur à votre ancien salaire à plein temps, votre TMI peut baisser d'une tranche, ce qui réduit votre imposition globale. La pension est imposable comme tout revenu de retraite (avec abattement de 10 % plafonné), le salaire reste imposable normalement.