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Cette page décrit le régime type du métier. Votre cas dépend de votre employeur, de vos statuts successifs et de votre carrière : confirmez sur info-retraite.fr, qui regroupe tous vos régimes.

Catégorie activeClassement d'emploi
57 à 59 ansDépart selon génération
17 ansServices requis
Prime de feuIntégrée à la pension

CNRACL, et non SRE

Un sapeur-pompier professionnel est un agent territorial, employé par un service départemental d'incendie et de secours (SDIS). Sa retraite est gérée par la CNRACL, pas par le Service des Retraites de l'État. C'est une différence d'interlocuteur, pas de philosophie : les règles de calcul sont très proches de celles des fonctionnaires d'État.

À ne pas confondre avec les sapeurs-pompiers volontaires, qui n'acquièrent aucun droit à pension au titre de leur engagement et relèvent d'un dispositif distinct, la prestation de fidélisation et de reconnaissance.

À quel âge pouvez-vous partir

L'emploi de sapeur-pompier professionnel est classé en catégorie active. Le départ anticipé suppose 17 années de services dans un ou plusieurs emplois classés. Depuis le 1er janvier 2024, les années accomplies comme contractuel avant titularisation sont prises en compte, dans la limite de dix ans — une évolution qui change la donne pour ceux entrés par cette voie.

Année de naissance Âge d'ouverture des droits
Jusqu'en 196657 ans
196757 ans et 3 mois
196857 ans et 6 mois
1969 au 31 mars 197057 ans et 9 mois
Avril 1970 à décembre 197058 ans
197158 ans et 3 mois
197258 ans et 6 mois
197358 ans et 9 mois
1974 et après59 ans

Tableau issu de la suspension de la réforme 2023 (LFSS 2026, décret n° 2026-345 du 7 mai 2026), applicable aux pensions prenant effet à compter du 1er septembre 2026. La cible de 59 ans recule d'une génération : elle concerne désormais les agents nés à partir de 1974, contre 1973 auparavant.

Le droit au départ anticipé est acquis définitivement : un pompier reclassé en fin de carrière sur un poste administratif conserve son âge d'ouverture des droits.

La prime de feu : l'exception qui change tout

C'est la spécificité la plus importante du métier, et celle qui rend inutilisables les simulateurs génériques. En principe, les primes sont exclues de l'assiette de la pension des fonctionnaires. L'indemnité de feu échappe à cette règle : elle est intégrée au calcul de la pension, en contrepartie d'une surcotisation prélevée sur la carrière.

Portée de 19 % à 25 % du traitement indiciaire par la réforme de 2022, la prime de feu représente donc une fraction significative de la pension finale. Un simulateur qui ne raisonne que sur le traitement indiciaire brut sous-estime mécaniquement la pension d'un sapeur-pompier professionnel.

Comment votre pension est calculée

Pension = (traitement des 6 derniers mois + indemnité de feu) × 75 % × (trimestres liquidables ÷ trimestres requis)

La durée requise suit le droit commun — jusqu'à 172 trimestres pour les générations récentes. Là encore, le classement en catégorie active abaisse l'âge de départ, pas la durée d'assurance nécessaire au taux plein. Partir à 58 ans avec 150 trimestres validés, c'est accepter une décote de 1,25 % par trimestre manquant.

Le minimum garanti joue le rôle de plancher, à l'image du minimum contributif du privé. Son montant maximal est fixé à 1 366,35 € brut par mois depuis le 1er janvier 2026, sous condition de durée de services suffisante.

La bonification du cinquième

La bonification du cinquième — souvent appelée « le 1/5 » — accorde une année de service gratuite par tranche de cinq années effectivement accomplies, dans la limite de cinq années (20 trimestres). Elle ne rajeunit pas : elle augmente la durée de services liquidable, donc le taux de liquidation de la pension.

Concrètement, 25 ans de service ouvrent 5 années de bonification, soit le plafond. Ces trimestres bonifiés comptent pour le calcul du taux de la pension, mais pas pour la durée d'assurance tous régimes qui détermine la décote. C'est la confusion la plus fréquente : la bonification améliore le montant, elle ne supprime pas une décote due à des trimestres manquants ailleurs.

Les sapeurs-pompiers professionnels y ont droit, contrairement à la majorité des emplois de catégorie active. Un aide-soignant hospitalier, également classé actif, n'en bénéficie pas. C'est le corps qui décide, pas la catégorie — une nuance que les outils génériques ignorent presque systématiquement.

Les trois erreurs qui coûtent le plus cher

1. Oublier la surcotisation dans le calcul. Vous cotisez sur la prime de feu depuis des années : vérifiez que votre relevé CNRACL en tient compte. Les erreurs de report ne sont pas rares et se corrigent d'autant plus facilement qu'on s'y prend tôt.

2. Confondre 17 ans de services et 17 ans d'ancienneté. Seules comptent les années dans un emploi effectivement classé en catégorie active.

3. Partir dès l'ouverture des droits sans compter ses trimestres. Le métier use, l'envie de partir est légitime — mais l'écart entre un départ à 58 ans et un départ à 60 ans peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois, à vie.

Catégorie activeDépart anticipé
Prime de feuIntégrée (partiellement)
Bonif. 1/5Majoration de durée

Votre régime : Fonction publique — catégorie active

Vous relevez de la fonction publique (pension = 75 % du traitement des 6 derniers mois, hors primes, + RAFP). Mais votre classement en catégorie active vous ouvre un départ anticipé et, le cas échéant, des bonifications de durée. C'est l'avantage central de votre statut.

Ce qui distingue la retraite du sapeur-pompier professionnel

Spécificité notable : la prime de feu des SPP est, contrairement à la plupart des primes publiques, partiellement prise en compte dans la pension — un avantage propre à la profession. S'y ajoutent les bonifications de la catégorie active.

Vos leviers prioritaires

Exemple · retraite du sapeur-pompier professionnel

Fabrice, 57 ans, sapeur-pompier professionnel

Carrière active complète, prime de feu intégrée à la pension.

Départ anticipé + bonifications : pension supérieure à celle d'un sédentaire comparable.

Pour Fabrice, la prime de feu retraitée et la catégorie active cumulent deux avantages que peu de métiers ont.

→ Pour chiffrer votre cas précis : estimez votre retraite personnalisée (rapport complet, 14,90 €)

Questions fréquentes — retraite du sapeur-pompier professionnel

Un pompier professionnel peut-il partir tôt ?

Oui, en catégorie active à la CNRACL, avec un départ anticipé et des bonifications de durée.

La prime de feu compte-t-elle pour la retraite ?

En partie, oui — c'est une spécificité des SPP, alors que la plupart des primes publiques ne comptent pas dans la pension principale.

Qu'apporte la bonification du cinquième ?

Jusqu'à 5 années de services supplémentaires comptées dans la pension.