Avec l'âge légal, le taux plein et toutes vos retraites liquidées, vous cumulez librement pension et salaire, et vous acquérez une seconde pension (plafonnée à 2 403 € par an en 2026). Sinon, le cumul est plafonné. Attention : pour les retraites prenant effet à partir du 1ᵉʳ janvier 2027, les règles changent.
Et dans votre cas ? Le simulateur applique les règles 2026 à votre carrière : âge de départ, décote éventuelle, pension de base et complémentaire.
Calculer ma retraite →Le cumul emploi-retraite, c'est le fait de percevoir sa retraite tout en exerçant une activité rémunérée. La réforme de 2023 l'a profondément transformé : depuis le 1er septembre 2023, le cumul intégral permet d'acquérir une seconde pension.
Résultat : un retraité au taux plein peut aujourd'hui (en 2026) reprendre n'importe quelle activité, sans plafond de revenus, et accumuler des droits supplémentaires. Mais ce système va de nouveau changer : à partir du 1ᵉʳ janvier 2027, un nouveau cadre fondé sur l'âge — et non plus sur le taux plein — s'appliquera à toutes les nouvelles pensions.
L'article 102 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 introduit un nouveau système de cumul emploi-retraite, fondé sur 3 tranches d'âge plutôt que sur l'atteinte du taux plein. Il s'appliquera uniquement aux pensions de base liquidées à compter du 1ᵉʳ janvier 2027 — si vous êtes déjà en cumul emploi-retraite ou si votre pension prend effet avant cette date, les règles actuelles (ci-dessous) continuent de s'appliquer. Détail complet dans la section Réforme 2027.
Cumul intégral vs cumul plafonné : la distinction fondamentale
Il existe deux régimes de cumul, avec des règles radicalement différentes.
Cumul intégral (sans plafond)
Vous touchez 100 % de votre pension + 100 % de votre nouveau salaire, sans aucun plafond. Conditions à remplir simultanément :
- Avoir liquidé toutes ses retraites (base + complémentaires, tous régimes).
- Avoir atteint le taux plein (soit par les trimestres requis, soit automatiquement à 67 ans).
- Avoir atteint l'âge légal de départ (de 62 ans et 9 mois à 64 ans selon la génération).
Cumul plafonné (avant taux plein)
Si vous n'avez pas le taux plein, vous pouvez quand même reprendre une activité, mais avec des restrictions. Plafond de revenus : votre nouveau salaire et vos pensions ne doivent pas dépasser le plus favorable de ces deux montants : 160 % du SMIC (environ 2 917 € brut par mois en 2026) ou la moyenne de vos 3 derniers salaires. Pour les artisans et commerçants, le plafond est de 24 030 € par an ; pour les professions libérales, de 48 060 €. En cas de dépassement, la pension est réduite d'autant.
En cumul plafonné, reprendre une activité chez votre dernier employeur n'est possible que 6 mois après votre départ en retraite. Ce délai ne s'applique pas si vous changez d'employeur, et il a été supprimé en cumul intégral depuis le 1er septembre 2023.
La grande nouveauté 2023 : une seconde pension
Avant la réforme 2023, le cumul emploi-retraite était stérile : les cotisations versées sur le nouvel emploi n'ouvraient AUCUN droit supplémentaire. Argent perdu pour les cotisants.
Depuis le 1er septembre 2023, c'est terminé. Vos cotisations sur votre activité de cumul emploi-retraite génèrent une seconde pension (base + complémentaire) qui s'ajoute à votre pension principale.
Conditions
- Être en cumul intégral (taux plein atteint).
- Avoir liquidé toutes ses retraites (base + complémentaires).
- Travailler effectivement et cotiser (CNAV + Agirc-Arrco pour les salariés du privé).
Calcul de la seconde pension
La seconde pension est calculée selon les mêmes règles que la première (SAM × taux × durée pour la CNAV, points pour l'Agirc-Arrco). Seules les périodes cotisées comptent (pas les trimestres assimilés), sans surcote ni minimum contributif. La seconde pension de base est plafonnée à 5 % du plafond de la Sécurité sociale, soit 2 403 € par an en 2026 (environ 200 € par mois). Pour les salariés du privé, l'activité reprise donne aussi, depuis le 1er janvier 2024, de nouveaux points Agirc-Arrco, sur les salaires jusqu'au plafond de la Sécurité sociale. Attention : la seconde pension n'est jamais versée automatiquement. Il faut la demander, une seule fois par régime, après l'arrêt définitif de l'activité.
Un retraité reprend une activité à 60 000 € par an pendant 4 ans. Il acquiert 16 trimestres et environ 590 points Agirc-Arrco (sur la part de son salaire jusqu'au plafond). À l'arrêt de son activité, il demande une seconde pension d'environ 185 €/mois au régime de base et 70 €/mois à l'Agirc-Arrco, soit environ 255 €/mois à vie.
Le cumul selon le statut professionnel
Salariés du privé
Cumul intégral si taux plein, cumul plafonné sinon. Vous pouvez reprendre n'importe quelle activité (CDI, CDD, intérim, missions ponctuelles) chez un nouvel employeur, ou chez l'ancien après 6 mois. Cotisations CNAV + Agirc-Arrco normales.
Indépendants (SSI, CIPAV…)
Mêmes règles que les salariés. Vous pouvez reprendre une activité d'indépendant (auto-entrepreneur, EURL, SASU…) en cumul. Cotisations à la SSI ou caisse libérale selon le statut. La seconde pension est ouverte aux indépendants depuis 2023.
Fonctionnaires
Le cumul emploi-retraite fonctionnaire est ouvert depuis 2014. Particularités : pas de délai de carence avec l'ancien employeur public, possibilité de cumul avec une activité privée ou publique. La seconde pension a été ouverte aux fonctionnaires par la réforme 2023 (pension RAFP additionnelle générée).
Professions libérales (CIPAV, CARMF, etc.)
Cumul ouvert également, avec quelques particularités par caisse. CARMF (médecins) : pas de plafond de revenus pour le cumul intégral. CNBF (avocats) : règles spécifiques sur les zones désertées en sous-densité médicale.
3 cas pratiques chiffrés
Pierre, 65 ans, cadre supérieur retraité
Pierre a liquidé sa retraite à 64 ans au taux plein (3 200 €/mois). Il lance une activité de consultant en stratégie (statut auto-entrepreneur), facturant 80 000 €/an HT pour 50 jours de mission par an.
Cumul intégral autorisé (taux plein). Revenu total : 3 200 × 12 + 80 000 = 118 400 €/an.
Sur 4 ans d'activité, Pierre cotise sur ses revenus de micro-entrepreneur. Il pourra demander à 68 ans une seconde pension de base, plafonnée à 2 403 € par an.
Marie-Claude, 67 ans, ex-comptable
Marie-Claude a liquidé sa retraite à 67 ans (taux plein automatique) après une carrière de comptable. Pension : 1 850 €/mois. Elle reprend un mi-temps comme consultante comptable pour 3 PME, à 2 500 €/mois.
Cumul intégral car taux plein. Revenu total : 1 850 + 2 500 = 4 350 €/mois.
Elle continue 5 ans (jusqu'à 72 ans). Sur cette période, elle cotise au régime général et à l'Agirc-Arrco. En demandant sa seconde pension à l'arrêt, elle obtiendra environ 145 €/mois au régime de base et 55 €/mois à l'Agirc-Arrco, soit environ 200 €/mois à vie.
Jacques, 64 ans, parti sans taux plein
Jacques a 64 ans, son âge légal ; sa pension est de 1 200 €/mois, avec une décote de 10 % pour trimestres manquants. Il veut reprendre une activité.
Il n'a pas le taux plein : le cumul plafonné s'applique. Plafond : le plus favorable entre la moyenne de ses 3 derniers salaires (2 800 €) et 160 % du SMIC (environ 2 917 €), soit 2 917 €. S'il retourne chez son dernier employeur, il doit attendre 6 mois.
Il accepte un mi-temps à 1 400 €/mois. Total : 1 200 + 1 400 = 2 600 €, sous le plafond.
Limites : pas de seconde pension générée (réservée au cumul intégral).
→ Pour chiffrer votre cas précis : estimez votre retraite personnalisée (rapport complet, 14,90 €)
La réforme 2027 : 3 tranches d'âge remplacent la distinction intégral/plafonné
À partir du 1ᵉʳ janvier 2027, la LFSS 2026 remplace la logique actuelle (« avez-vous le taux plein ? ») par une logique fondée uniquement sur votre âge au moment de la reprise ou poursuite d'activité. Trois situations, trois traitements :
| Votre âge | Règle applicable dès 2027 | Conséquence concrète |
|---|---|---|
| Avant l'âge légal (départ anticipé : carrière longue, inaptitude, pension avec décote…) | Déduction intégrale | Chaque euro de revenu d'activité est déduit de votre pension, dès le premier euro — le cumul perd tout intérêt financier. |
| Entre l'âge légal et l'âge du taux plein automatique (67 ans) | Plafond ≈ 7 000 €/an | Cumul possible jusqu'à ce seuil. Au-delà, votre pension est réduite de 50 % du montant du dépassement. |
| À partir de 67 ans | Cumul intégral libre | Aucun plafond, comme aujourd'hui pour les retraités au taux plein — mais désormais garanti par l'âge, plus par le taux plein. |
Ce montant correspond à l'étude d'impact du gouvernement ; le décret d'application n'est pas encore publié à ce jour. Il pourrait être ajusté. Ce plafond concerne les revenus d'activité et de remplacement cumulés sur l'année, tous employeurs confondus. Vérifiez le décret définitif avant toute décision de reprise d'activité entre l'âge légal et 67 ans.
Qui est concerné, et à partir de quand ?
C'est le point le plus mal compris de cette réforme : elle n'est pas rétroactive. Elle s'applique uniquement aux assurés dont la première pension de base prend effet à compter du 1ᵉʳ janvier 2027 (article 102 LFSS 2026). Si votre pension a été liquidée avant cette date — y compris en décembre 2026 — vous continuez de relever des règles actuelles (cumul intégral si taux plein, cumul plafonné sinon), même après le 1ᵉʳ janvier 2027.
- Vous liquidez votre pension en 2026 : règles actuelles (voir plus haut), à vie pour ce cumul.
- Vous liquidez votre pension à partir du 1ᵉʳ janvier 2027 : nouvelles règles à 3 tranches, quel que soit votre âge de départ.
Ce qui disparaît, ce qui reste
- Disparaît : la distinction cumul intégral / cumul plafonné fondée sur le taux plein ; le délai de carence de 6 mois chez le dernier employeur (supprimé au 1ᵉʳ janvier 2027).
- Reste inchangé : la génération d'une seconde pension pour les cotisations versées en cumul, désormais sans le plafond de 5 % du plafond de la Sécurité sociale ; les règles fiscales (CSG, CRDS, impôt sur le revenu).
Sophie, née en 1965, envisage un départ en carrière longue à 60 ans en 2027
Sophie a commencé à travailler avant 18 ans et remplit les conditions de la carrière longue pour partir à 60 ans, avec une pension de 1 600 €/mois. Sous les règles actuelles, si elle n'a pas le taux plein, elle relèverait du cumul plafonné classique (environ 1,6 SMIC de plafond).
Mais sa pension prend effet en 2027 : elle relève donc de la nouvelle grille. Comme elle part avant l'âge légal (départ anticipé), tout revenu d'activité repris sera intégralement déduit de sa pension — bien plus strict qu'avant.
Fiscalité et cotisations sociales
Le cumul emploi-retraite a des conséquences fiscales et sociales spécifiques qu'il faut anticiper.
Impôt sur le revenu
Vos pensions de retraite + vos revenus d'activité sont additionnés et soumis au barème progressif. Attention : ce cumul peut faire changer de tranche votre revenu imposable. Pour un retraité TMI 30 % qui ajoute 30 000 € de salaire, une part peut passer en TMI 41 %. À chiffrer avant de signer.
Cotisations sociales
- Sur l'activité reprise : cotisations normales (CNAV, Agirc-Arrco, CSG, CRDS, maladie, chômage…).
- Sur la pension : CSG (0 %, 3,8 %, 6,6 % ou 8,3 % selon votre revenu fiscal de référence), CRDS (0,5 %, sauf exonération), CASA (0,3 % aux taux médian et normal).
- Pas de cotisation chômage spécifique sur la pension elle-même.
Vous pouvez continuer à verser sur un PER pendant le cumul et déduire ces versements de votre revenu imposable, ce qui est intéressant si votre tranche d'imposition augmente. Et comme vous êtes déjà retraité, votre PER est débloquable à tout moment, en rente ou en capital selon votre contrat.
Démarches et obligations
- Avant la reprise d'activité : informer votre caisse de retraite (CNAV, Agirc-Arrco…) par déclaration en ligne ou courrier. Mentionner l'employeur ou activité, le salaire prévu, la durée envisagée.
- Le contrat de travail : aucune mention spécifique "retraité" obligatoire, mais votre employeur doit faire une DPAE (déclaration préalable d'embauche) comme pour tout salarié.
- Délai de 6 mois si vous êtes en cumul plafonné et reprenez chez votre dernier employeur (pas de délai en cumul intégral depuis septembre 2023).
- Fiscalité : déclarer pensions et salaires séparément sur votre déclaration 2042, mais imposition globale.
- Cessation d'activité : demandez votre seconde pension à chaque régime concerné ; elle n'est jamais versée automatiquement.
Questions fréquentes
Peut-on travailler tout en touchant sa retraite ?
Oui. Si vous avez l'âge légal, le taux plein et toutes vos retraites liquidées, le cumul est intégral et sans plafond. Sinon, il est plafonné. Depuis septembre 2023, le cumul intégral permet en plus d'acquérir une seconde pension.
Combien peut-on gagner en cumul emploi-retraite ?
Aucune limite en cumul intégral. En cumul plafonné, salaire et pensions réunis ne doivent pas dépasser le plus favorable entre la moyenne de vos 3 derniers salaires et 160 % du SMIC (environ 2 917 € brut par mois en 2026).
Quand peut-on reprendre une activité après sa retraite ?
Immédiatement chez un nouvel employeur. Chez votre dernier employeur : immédiatement en cumul intégral, mais seulement après 6 mois en cumul plafonné.
Le cumul emploi-retraite génère-t-il une seconde pension ?
Oui, depuis le 1er septembre 2023, en cumul intégral. La seconde pension de base est plafonnée à 2 403 € par an en 2026 ; les salariés du privé acquièrent aussi des points Agirc-Arrco depuis le 1er janvier 2024. Elle doit être demandée après l'arrêt définitif de l'activité.
Les indépendants peuvent-ils être en cumul emploi-retraite ?
Oui depuis 2009. Et depuis 2023, ils peuvent générer une seconde pension comme les salariés. Statuts compatibles : auto-entrepreneur, EURL, SASU, profession libérale. Cotisations à la SSI ou caisse libérale selon le statut.
Le cumul emploi-retraite est-il taxé différemment ?
Non, fiscalité identique au cumul normal de revenus : pensions + salaires additionnés, soumis au barème progressif. Attention au changement de tranche fiscale qui peut survenir. Cotisations sociales normales sur l'activité (CNAV, Agirc-Arrco, CSG, CRDS, maladie...).
Qu'est-ce qui change dans le cumul emploi-retraite en 2027 ?
La distinction cumul intégral/plafonné disparaît au profit de 3 tranches selon l'âge : avant l'âge légal (déduction intégrale des revenus), entre l'âge légal et 67 ans (plafond ≈ 7 000 €/an, au-delà déduction de 50 % du dépassement), à partir de 67 ans (cumul libre). Applicable uniquement aux pensions liquidées à partir du 1ᵉʳ janvier 2027.
Je suis déjà en cumul emploi-retraite : la réforme 2027 s'applique-t-elle à moi ?
Non. La réforme ne concerne que les assurés dont la première pension de base prend effet à compter du 1ᵉʳ janvier 2027. Si vous avez liquidé votre retraite avant cette date, vous continuez de relever des règles actuelles, même après 2027.
Faut-il déclarer son cumul à la caisse de retraite ?
Oui, obligation déclarative à votre caisse principale (CNAV, MSA, SSI, SRE…) avant ou dès le début de l'activité. Mention de l'employeur, du salaire prévu, de la durée. Pas de démarche fiscale spécifique au-delà de la déclaration normale de revenus.
Mon ancien employeur peut-il refuser de me reprendre ?
Oui, l'employeur n'a aucune obligation de vous reprendre. Mais si vous étiez en accord avec lui sur une reprise post-retraite (mission de transition, consulting), il devra attendre 6 mois entre votre départ officiel et la nouvelle embauche. Hors période de carence, accord libre des deux parties.
Puis-je faire du bénévolat en cumul emploi-retraite ?
Le bénévolat n'est pas considéré comme une activité rémunérée — donc pas concerné par les règles de cumul. Vous pouvez être bénévole sans aucune contrainte. Attention si l'association vous verse des défraiements importants ou si l'activité ressemble à du travail salarié déguisé.
Le cumul fait-il perdre des avantages sociaux ?
Non en général. Pour l'ASPA (minimum vieillesse), le cumul peut faire perdre l'allocation si vos revenus globaux dépassent le plafond (1 043 €/mois pour personne seule en 2026). Pour la Complémentaire santé solidaire, idem. À vérifier au cas par cas.
L'auto-entrepreneur est-il intéressant pour un retraité ?
Souvent, oui : démarches simples, cotisations calculées sur le chiffre d'affaires, et possibilité d'opter pour le versement libératoire de l'impôt sous condition de revenu. Vérifiez les plafonds de chiffre d'affaires en vigueur sur le site de l'Urssaf avant de vous lancer.
Que se passe-t-il à la cessation d'activité ?
Votre activité s'arrête (démission, fin de contrat, fin de mission). Votre pension principale continue d'être versée comme avant. Si vous y avez droit, demandez votre seconde pension à chaque régime concerné : elle n'est pas versée automatiquement. Une fois liquidée, vous ne pouvez plus acquérir de nouveaux droits.