Cette page décrit le régime type du métier. Votre cas dépend de votre employeur, de vos statuts successifs et de votre carrière : confirmez sur info-retraite.fr, qui regroupe tous vos régimes.
Votre régime : Sécurité sociale des indépendants (SSI)
Depuis la disparition du RSI (intégré au régime général en 2018-2020), votre retraite de base se calcule exactement comme celle des salariés : moyenne des 25 meilleures années de revenu, plafonnées au PASS (48 060 € en 2026), pour 50 % au taux plein. Elle est gérée par l'Assurance retraite (CNAV et Carsat). Votre complémentaire relève en revanche du Régime complémentaire des indépendants (RCI), un régime en points spécifique — et non de l'Agirc-Arrco.
Attention à une subtilité de statut : les gérants minoritaires ou égalitaires de SARL et les dirigeants de SAS/SA sont « assimilés salariés » et relèvent du régime général classique (Agirc-Arrco), pas de la SSI.
Le piège des trimestres
Point le plus mal compris du régime : vos trimestres ne dépendent pas du temps travaillé mais du revenu déclaré. Pour un indépendant classique, c'est le bénéfice imposable qui compte ; pour un micro-entrepreneur (auto-entrepreneur), c'est le chiffre d'affaires après abattement. Un chiffre d'affaires nul ne valide aucun trimestre. Beaucoup d'indépendants cotisant au minimum pour préserver leur trésorerie ne valident pas leurs 4 trimestres annuels, ce qui ampute durablement la pension.
Âge et minimum en 2026
Mêmes bornes d'âge que le privé : de 62 ans 9 mois à 64 ans selon la génération (64 ans pour les nés à partir de 1969), avec la suspension de la réforme 2023 pour les générations 1964-1968. Le minimum contributif peut relever une petite pension de base jusqu'à environ 756,29 € brut/mois (base 2026), sous condition de taux plein.
Artisans, commerçants, auto-entrepreneurs, créateurs
- Artisans et commerçants : base SSI + complémentaire RCI en points. C'est le cœur du régime.
- Auto-entrepreneurs : cotisent sur le chiffre d'affaires ; à revenu équivalent, la pension est souvent plus faible qu'un salarié, d'où l'intérêt d'une épargne complémentaire.
- Créateurs d'entreprise : les premières années à faible revenu fragilisent la validation des trimestres — un point à anticiper dès le lancement.
- Professions libérales : elles ne relèvent PAS de la SSI mais de la CNAVPL (voir la page dédiée), sauf les libéraux non réglementés créés depuis 2018, rattachés au régime général.
Vos leviers prioritaires
- Surveiller le revenu déclaré : trop bas, il ne valide pas 4 trimestres/an et réduit la base.
- PER (ex-Madelin) : déduction fiscale spécifique aux indépendants, l'un des leviers les plus efficaces pour compenser un régime obligatoire modeste.
- Rachat de trimestres (Madelin) : pertinent pour les carrières incomplètes proches de l'âge légal, à arbitrer selon la rentabilité.
- Vérifier son relevé : les carrières mixtes (salarié + indépendant) génèrent souvent des trimestres mal reportés.
Olivier, 61 ans, consultant indépendant
Revenus irréguliers, cotisations parfois au minimum.
Base modeste + RCI faible ; un PER Madelin a compensé.
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Questions fréquentes — retraite du travailleur indépendant
La retraite des indépendants est-elle alignée sur celle des salariés ?
Pour la base, oui depuis l'intégration du RSI dans la SSI (25 meilleures années, 50 % au taux plein, plafond PASS). La complémentaire reste spécifique : le RCI en points, et non l'Agirc-Arrco.
Comment valider mes trimestres en tant qu'indépendant ?
Selon votre revenu déclaré (bénéfice imposable, ou chiffre d'affaires pour un micro-entrepreneur), pas selon les heures travaillées. Un revenu nul ne valide aucun trimestre.
Un auto-entrepreneur cotise-t-il pour sa retraite ?
Oui, via ses cotisations Urssaf proportionnelles au chiffre d'affaires — base et complémentaire. Mais à revenu égal, la pension est souvent plus faible que celle d'un salarié.
Quel placement retraite pour un indépendant ?
Le PER (ex-contrat Madelin) offre une déduction fiscale adaptée aux revenus non salariés — souvent le levier le plus rentable.