Cette page décrit le régime type du métier. Votre cas dépend de votre employeur, de vos statuts successifs et de votre carrière : confirmez sur info-retraite.fr, qui regroupe tous vos régimes.
Votre régime : Fonction publique (SRE / CNRACL)
Si vous êtes fonctionnaire titulaire, votre retraite relève d'un régime spécial, distinct du régime général des salariés. Deux caisses le gèrent selon votre versant : le Service des retraites de l'État (SRE) pour les fonctionnaires d'État (enseignants, magistrats, militaires, agents des ministères), et la CNRACL pour les fonctionnaires territoriaux (communes, départements, régions) et hospitaliers (infirmiers, aides-soignants, etc.).
Point de vigilance essentiel : si vous êtes agent contractuel (CDD ou CDI de droit public), vous ne relevez pas de ce régime. Vous cotisez à l'Assurance retraite (CNAV) comme un salarié du privé, avec l'IRCANTEC en complémentaire. Vos éventuelles périodes de contractuel avant titularisation sont alors comptabilisées séparément.
La pension de base se calcule ainsi : traitement indiciaire brut des 6 derniers mois × 75 % × (trimestres acquis ÷ trimestres requis). Le taux maximal est donc de 75 % du dernier traitement — hors primes. Vos primes n'entrent pas dans cette pension principale (sauf la NBI dans certains cas) mais alimentent un régime additionnel obligatoire en points, la RAFP, dans la limite de 20 % de votre traitement indiciaire brut.
Âge de départ : sédentaire, active, super-active
Contrairement à une idée reçue, tous les fonctionnaires ne partent pas au même âge. Tout dépend du classement de votre emploi :
- Catégorie sédentaire (la majorité) : mêmes bornes que le privé. Âge légal relevé progressivement de 62 ans 9 mois (générations 1964 et début 1965) jusqu'à 64 ans pour les personnes nées à partir de 1969. Taux plein automatique à 67 ans.
- Catégorie active (emplois à risque ou pénibles : policiers, sapeurs-pompiers, personnels hospitaliers de soin, etc.) : départ possible dès 57 ans, sous condition d'une durée minimale de services actifs.
- Catégorie super-active (surveillants pénitentiaires, police active de terrain, contrôle aérien…) : départ possible dès 52 ans.
La suspension de la réforme 2023 (loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026) s'applique aussi aux fonctionnaires, pour les pensions prenant effet entre le 1er septembre 2026 et le 1er janvier 2028 : l'âge des générations 1964 à 1968 est gelé, et pour la catégorie active la borne des 59 ans ne concerne désormais que les agents nés à partir de 1974.
Ce qui distingue la retraite du fonctionnaire
La règle des 6 derniers mois est à la fois l'avantage et la limite du statut : une fin de carrière en haut de grille (dernier échelon, promotion) maximise durablement la pension. Mais les primes et indemnités — qui peuvent représenter 20 à 30 % de la rémunération dans certains corps — ne comptent quasiment pas dans la pension principale. Un agent très « primé » peut donc constater un écart important entre son dernier salaire net et sa pension.
Autre spécificité : le taux de cotisation salarial est de 11,10 % du traitement indiciaire, contre 6,90 % au régime général. En contrepartie, la décote comme la surcote jouent à hauteur de 1,25 % par trimestre, la décote étant plafonnée à 20 trimestres (soit −25 % maximum, définitif).
Le minimum garanti 2026
Équivalent fonction publique du minimum contributif du privé, le minimum garanti assure un plancher de pension aux carrières complètes faiblement rémunérées. Au 1er janvier 2026, son montant maximal est de 1 366,35 € brut par mois (16 396,20 € par an), atteint pour une carrière complète ; il est proratisé selon le nombre d'années de services. Il s'obtient sous condition d'avoir le taux plein et d'avoir atteint son âge d'annulation de la décote (67 ans en sédentaire, 62 ans en active, 57 ans en super-active).
Cas particuliers selon votre corps
Le cadre général ci-dessus se décline selon les métiers :
- Enseignants et professeurs des écoles : relèvent du SRE en catégorie sédentaire. La pension se calcule sur le seul traitement indiciaire, primes (souvent modestes) exclues — d'où l'intérêt d'atteindre le dernier échelon avant le départ.
- Agents territoriaux et hospitaliers : relèvent de la CNRACL. Beaucoup d'emplois hospitaliers de soin sont classés en catégorie active (départ anticipé possible).
- Magistrats : régime SRE avec des règles proches de celles des hauts fonctionnaires d'État.
- Militaires et gendarmes : régime SRE très particulier, avec une pension à jouissance immédiate après une durée de service (17 à 27 ans selon les cas) et des bénéfices de campagne qui majorent la durée liquidable.
- Policiers et sapeurs-pompiers professionnels : catégorie active (départ dès 57 ans, voire 52 ans), avec pour les policiers la bonification du 1/5e et pour les pompiers professionnels une bonification spécifique de services.
Vos leviers prioritaires
- Optimiser le grade des 6 derniers mois : une promotion ou un échelon obtenu en toute fin de carrière augmente la pension principale à vie.
- Vérifier la RAFP : vos primes y génèrent des droits en points souvent sous-estimés — contrôlez votre relevé.
- Faire valoir vos bonifications : enfants nés avant 2004 (sous condition d'interruption d'activité), services hors Europe, bénéfices de campagne militaires, services aériens ou sous-marins.
- Vérifier votre catégorie : un classement en active ou super-active peut avancer votre départ de plusieurs années.
Patrick, 62 ans, attaché territorial
Carrière complète, indice élevé en fin de parcours.
Pension = 75 % du traitement des 6 derniers mois + RAFP sur ses primes.
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Questions fréquentes — retraite du fonctionnaire
Comment est calculée la retraite d'un fonctionnaire ?
Traitement indiciaire brut des 6 derniers mois × 75 % × (trimestres acquis ÷ trimestres requis). Le maximum est donc 75 % du dernier traitement, hors primes, auquel s'ajoute la RAFP sur les primes.
Les primes comptent-elles ?
Pas dans la pension principale (sauf la NBI dans certains cas), mais elles alimentent la RAFP, un régime additionnel obligatoire en points, dans la limite de 20 % du traitement indiciaire.
À quel âge un fonctionnaire peut-il partir ?
En catégorie sédentaire, comme le privé : de 62 ans 9 mois à 64 ans selon la génération (64 ans pour les nés à partir de 1969). En catégorie active dès 57 ans, en super-active dès 52 ans, sous condition de durée de services.
Les contractuels relèvent-ils de ce régime ?
Non. Les agents contractuels cotisent à la CNAV (régime général) et à l'IRCANTEC, comme les salariés du privé, et non à la CNRACL ou au SRE.
Qu'est-ce que le minimum garanti ?
Un plancher de pension pour les carrières complètes faiblement rémunérées : jusqu'à 1 366,35 € brut/mois en 2026, sous condition de taux plein et d'âge d'annulation de la décote.
Une promotion en fin de carrière est-elle utile ?
Oui, très : comme la pension se base sur les 6 derniers mois, un échelon ou grade supérieur juste avant le départ augmente la pension à vie.