54 % Réversion CNAV (régime de base)
60 % Réversion Agirc-Arrco
55 ans Âge minimum demande (régime général)
24 232 € Plafond ressources annuel 2026

La pension de réversion est la fraction de retraite versée au conjoint survivant après le décès du retraité (ou de l'assuré). Elle permet de compenser partiellement la perte de revenus. Mais les règles diffèrent radicalement selon les régimes : 54 % à la CNAV avec conditions de ressources, 60 % à l'Agirc-Arrco sans conditions, 50 % chez les fonctionnaires avec conditions de mariage…

Une réforme de la réversion est régulièrement évoquée mais a été repoussée à 2027 dans le projet de LFSS 2026. Pour le moment, les règles actuelles s'appliquent — et bien les connaître peut représenter plusieurs centaines d'euros par mois pour le conjoint survivant.

Panorama : la réversion régime par régime

RégimeTauxÂge min.Cond. ressourcesCond. mariage
CNAV (régime général)54 %55 ansOuiOui (PACS et concubinage exclus)
Agirc-Arrco60 %55 ansNonOui (idem)
Fonctionnaires (SRE/CNRACL)50 %AucunNonOui (durée selon enfants)
MSA (salariés agricoles)54 %55 ansOuiOui
SSI (indépendants)54 %55 ansOuiOui
CIPAV60 %55 ansNonOui
Ircantec (contractuels publics)50 %50 ansNonOui
RAFP (additionnel fonction pub.)50 %AucunNonOui
Pacs et concubinage : pas de droit à réversion

En 2026, seul le mariage ouvre droit à la pension de réversion. Le PACS et le concubinage, même de longue durée, n'ouvrent aucun droit. C'est l'une des principales injustices régulièrement dénoncées du système — mais aucune réforme votée à ce jour ne modifie cette règle.

Réversion CNAV : 54 % sous conditions

Conditions cumulatives pour bénéficier de la réversion

Calcul du montant

La pension de réversion correspond à 54 % de la pension de base CNAV que percevait (ou aurait perçue) le défunt. Si le défunt n'avait pas encore liquidé sa retraite, on calcule sa pension théorique au moment du décès.

Exemple chiffré

Le défunt avait une pension CNAV de 1 200 €/mois. Réversion brute : 1 200 × 54 % = 648 €/mois. Si le conjoint survivant a des ressources de 1 800 €/mois (21 600 €/an), il est sous le plafond et touche la réversion intégrale.

Plafond de ressources : calcul détaillé

Les ressources prises en compte : salaires, pensions, allocations, revenus immobiliers (forfait imputé sur les biens hors résidence principale), revenus mobiliers. Sont exclues : la résidence principale, les indemnités de capital décès, les biens reçus en héritage. Si vos ressources dépassent le plafond, la réversion est réduite (et non supprimée) pour ramener votre revenu sous le seuil.

Réversion Agirc-Arrco : 60 % sans conditions de ressources

Le régime complémentaire est beaucoup plus généreux : 60 % de la pension complémentaire du défunt, sans aucune condition de ressources. C'est l'un des points forts du système Agirc-Arrco.

Conditions

Suppression de la réversion en cas de remariage

Si vous vous remariez après le décès de votre conjoint, vous PERDEZ la pension de réversion Agirc-Arrco (mais conservez celle de la CNAV sous conditions). C'est l'une des spécificités les plus pénalisantes du régime complémentaire.

Calcul avec plusieurs unions

Si le défunt a eu plusieurs mariages, la pension est partagée entre les ex-conjoint(e)s au prorata de la durée de chaque mariage. Exemple : 20 ans de mariage 1 + 10 ans de mariage 2 = 2/3 pour le conjoint 1, 1/3 pour le conjoint 2. Ce partage est définitif et automatique.

Réversion fonctionnaire : 50 % sans plafond ressources

Régime distinct pour les fonctionnaires (SRE pour État, CNRACL pour territorial/hospitalier). Particularités significatives.

Conditions

Calcul

50 % de la pension du défunt + 50 % des bonifications. Réduction proportionnelle si plusieurs unions (partage au prorata de la durée des mariages, comme à l'Agirc-Arrco).

Cumul des réversions

Si votre conjoint a eu une carrière mixte privé-public, vous pouvez cumuler les réversions de chaque régime (CNAV + Agirc-Arrco + SRE/CNRACL + RAFP). Chaque régime applique ses propres règles indépendamment.

3 cas pratiques chiffrés

Cas 1 — Veuve d'un cadre du privé

Sylvie, 60 ans, mariée 35 ans

Son mari, cadre du privé, est décédé à 68 ans, après avoir liquidé une pension totale de 3 200 €/mois (2 000 € CNAV + 1 200 € Agirc-Arrco). Sylvie a 60 ans, perçoit 1 400 €/mois de salaire (consultante à temps partiel).

Réversion CNAV : 2 000 × 54 % = 1 080 €/mois. Mais condition de ressources : 1 400 + 1 080 = 2 480 €/mois, soit 29 760 €/an > plafond 24 232 €. Réversion réduite de 5 528 €/an = 461 €/mois. Donc réversion CNAV nette = 1 080 - 461 = 619 €/mois.

Réversion Agirc-Arrco : 1 200 × 60 % = 720 €/mois. Pas de condition de ressources.

→ Total des réversions : 619 + 720 = 1 339 €/mois. Cumulées au salaire : 2 739 €/mois. Si Sylvie cesse son activité, son revenu chuterait à 1 339 €/mois — d'où l'importance de bien anticiper sa propre carrière.
Cas 2 — Veuve d'un fonctionnaire territorial

Claudine, 52 ans, mariée 15 ans

Son mari, agent territorial, est décédé à 55 ans en activité. Sa pension théorique au moment du décès : 1 800 €/mois (pension calculée par anticipation par la CNRACL).

Claudine est veuve à 52 ans. La réversion fonctionnaire n'a pas d'âge minimum → elle peut en bénéficier immédiatement.

Réversion : 1 800 × 50 % = 900 €/mois. Pas de plafond de ressources. Versement à vie (sauf remariage qui ne suspend PAS la réversion fonctionnaire, contrairement à Agirc-Arrco).

→ Claudine touche 900 €/mois immédiatement, sans attendre 55 ans et sans condition de revenus. C'est l'un des grands avantages du statut fonctionnaire.
Cas 3 — Concubin sans droits

Pierre, 65 ans, 30 ans de concubinage

Pierre vivait avec sa compagne depuis 30 ans, en concubinage notoire (déclaration en mairie, comptes joints, achat immobilier en indivision). Sa compagne décède à 67 ans, après avoir liquidé une pension de 2 100 €/mois.

Pierre n'étant pas marié à elle, il n'a aucun droit à réversion, ni à la CNAV, ni à l'Agirc-Arrco. Aucun recours possible en l'état actuel du droit.

→ Pierre perd 1 134 €/mois (CNAV + Agirc-Arrco) qui auraient été versés s'il avait été marié. Sur 20 ans d'espérance de vie : 272 000 € de pension non perçue. Le concubinage est une situation particulièrement précaire en matière de retraite.

→ Pour chiffrer votre cas précis : estimez votre retraite personnalisée (rapport complet, 14,90 €)

La réforme de la réversion : où en est-on ?

Une réforme de la réversion est régulièrement évoquée depuis 2018, avec plusieurs hypothèses sur la table : unification des règles entre régimes, ouverture au PACS, suppression du plafond de ressources CNAV, voire mise en commun des pensions des couples (modèle suédois). Le projet a été repoussé à 2027 dans le projet de LFSS 2026, faute de consensus politique.

Scénarios envisagés (sans validité officielle)

Rester informé

Les règles actuelles s'appliquent jusqu'à la promulgation d'une éventuelle réforme. Si vous préparez un dossier de réversion en 2026, comptez sur les règles d'aujourd'hui. Vérifiez régulièrement les actualités officielles pour intégrer toute évolution.

Démarches : demander la réversion

Questions fréquentes

Le PACS donne-t-il droit à la pension de réversion ?

Non, en 2026, seul le mariage ouvre droit à la pension de réversion en France. Le PACS et le concubinage, même de longue durée, n'ouvrent aucun droit. Une réforme régulièrement évoquée pourrait étendre la réversion au PACS dans les années à venir, mais aucune décision officielle n'a été prise.

Quel est le pourcentage exact de la pension de réversion en 2026 ?

Cela dépend du régime : 54 % pour la CNAV, MSA et SSI (avec plafond de ressources de 24 232 € en 2026), 60 % pour l'Agirc-Arrco et la CIPAV (sans plafond), 50 % pour les fonctionnaires (SRE/CNRACL). Pour une carrière mixte, vous cumulez les réversions de chaque régime.

Faut-il avoir été marié longtemps pour toucher la réversion ?

Pour la CNAV et l'Agirc-Arrco : aucune durée minimum de mariage exigée. Un seul jour de mariage suffit théoriquement. Pour les fonctionnaires : durée minimum de 4 ans (sauf si mariage célébré 2 ans avant cessation d'activité ou présence d'au moins 1 enfant).

Le remariage fait-il perdre la pension de réversion ?

Cela dépend du régime. CNAV : non, le remariage n'a aucun effet sur la réversion (depuis 2003). Agirc-Arrco : oui, le remariage suspend la réversion (vous la retrouvez en cas de divorce ou nouveau veuvage). Fonctionnaires : non. Vérifiez les règles spécifiques de chaque caisse.

Peut-on cumuler plusieurs pensions de réversion ?

Oui, si vous avez été marié(e) plusieurs fois avec des personnes différentes décédées, vous pouvez cumuler les réversions. Sous condition que pour chaque mariage, vous remplissiez les conditions du régime concerné. Le partage se fait au prorata de la durée de chaque mariage.

Quel est le plafond de ressources CNAV en 2026 ?

24 232 € par an pour une personne seule (2 019 €/mois), 38 771 € pour un couple recomposé (3 231 €/mois). Sont prises en compte : pensions, salaires, allocations, revenus locatifs. Sont exclus : résidence principale, capital décès, héritages. Au-delà du plafond, la réversion est réduite, pas supprimée.

Comment est calculée la réversion d'un retraité décédé ?

Pour la CNAV : 54 % de la pension de base mensuelle que percevait le défunt. Si le défunt n'avait pas liquidé (décès avant la retraite), on calcule sa pension théorique au jour du décès avec ses trimestres et son SAM. Pour l'Agirc-Arrco : 60 % de la pension complémentaire ou des points équivalents.

Y a-t-il un âge minimum pour percevoir la réversion ?

55 ans pour la CNAV, l'Agirc-Arrco et la SSI. 50 ans pour l'Agirc-Arrco si vous avez des enfants à charge. Aucun âge minimum pour la réversion fonctionnaire. Si vous êtes plus jeune au décès, vous pouvez demander la réversion dès vos 55 ans (rétroactivité limitée à 12 mois).

La pension de réversion est-elle imposable ?

Oui, comme toute pension de retraite, la réversion est imposable au titre de l'impôt sur le revenu, avec un abattement de 10 % plafonné. Elle entre aussi dans le calcul du plafond de ressources pour d'autres prestations (ASPA, complément du livret A, etc.).

Que se passe-t-il en cas de divorce ?

L'ex-conjoint(e) divorcé(e) conserve le droit à la réversion (en cas de décès de l'ex), au prorata de la durée du mariage par rapport à la durée totale des unions du défunt. Pas de remariage exigé entre temps. Important : conservez votre acte de divorce.

Peut-on percevoir la réversion en plus de sa propre retraite ?

Oui, totalement. La pension de réversion s'ajoute à votre pension personnelle (du fait de votre propre carrière). Aucun plafonnement pour l'Agirc-Arrco et les régimes fonctionnaires. Pour la CNAV, le plafond de ressources peut éventuellement réduire la réversion si votre pension personnelle est élevée.

Comment faire en cas de décès à l'étranger ?

Vous pouvez toujours demander la réversion depuis l'étranger via le formulaire international (formulaire Cerfa n° 11437*04). Délai d'instruction plus long (6 à 12 mois). Les conventions bilatérales facilitent la coordination si le décès est survenu dans un pays partenaire (UE/EEE, Suisse, USA, Canada…).